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Communiqué de presse
Clichy, le 17 octobre
2007
Clichy commémore les
événements survenus le 17 octobre 1961
« Tournons la page du passé pour ouvrir la porte
de l’avenir »
Gilles CATOIRE, maire de Clichy-la-Garenne, en
présence de Ali MENGUELLATI, représentant l’Ambassadeur d’Algérie,
Fella BOUZIDI, députée de la communauté algérienne en France et
membre du Comité exécutif du FLN, Hamdi PACHA BARDADI, Consul-adjoint
et Noredine MELIZI, Vice-Consul du Consulat d’Algérie à Nanterre,
Abdelhamid KOUACHI, Consul-adjoint et Hacen ZAKRI, Consul-adjoint du
Consul général de Paris, se sont rassemblés au pont de Clichy pour
commémorer les événements tragiques survenus le 17 octobre 1961.
Le devoir de mémoire impose de ne pas oublier ce
qui eut lieu le 17 octobre 1961, quand Maurice Papon, préfet de
police d’alors, ordonna un couvre-feu qui se termina par la mort
d’Algériens, pourchassés, tués et jetés dans la Seine. Cette
tragédie se déroula aussi au pont de Clichy.
Le maire de Clichy a rappelé ce triste événement
« Clichy a vécu de près cet événement, puisque dès 18 heures, le
métro de la Porte de Clichy fut fermé sur ordre de la Préfecture.
Pour se rendre à Paris, les habitants d’Asnières n’ont eu d’autre
solution que d’emprunter les ponts de Clichy et Gennevilliers».
Gilles Catoire s’est appuyé sur le témoignage du
policier Paul ROUSSEAU, scandalisé par la tournure que prennent les
événements. Il raconta que, une fois bien engagés sur le pont de
Clichy, les manifestants furent encerclés par les CRS, qui
s’infiltrèrent dans la foule et commencèrent à les frapper. Ce
policier « pas comme les autres » raconta que des manifestants
avaient été assommés puis jetés dans la Seine, « On a prétendu
que c’était les Algériens qui avaient tiré sur des policiers et que
c’était la raison pour laquelle on les avait jeté par dessus bord.
Mais en réalité, on se débarrassait des gens qui avaient été tués en
les jetant dans la Seine. »
Mohamed GHAFIR, ancien membre du F.L.N. à Clichy
a rappelé la nécessité de cette commémoration qui « permet à nos
deux peuples de se regarder les yeux dans les yeux pour aller vers
un avenir commun » et a ajouté l’importance de « commémorer le
courage, l’abnégation et l’esprit de sacrifice de ces Algériens
plutôt qu’à se lamenter sur les actes ignobles commis par les forces
de l’ordre ».
Lors de cette cérémonie, une stèle commémorative
a été dévoilée. « Elle témoigne que Clichy reste fidèle à la mémoire
des victimes de ce jour sanglant tout en affirmant notre volonté
partagée d’avancer main dans la main vers l’avenir »
Après cette cérémonie, le maire de Clichy a remis
à Mohamed GHAFIR qui est un ancien membre du F.L.N. à Clichy, une
médaille d’or de citoyen d’honneur de la ville. « Je suis arrivé en
septembre 1955 en France, à l’âge de 21 ans, à Clichy la Garenne, et
j’ai adhéré au F.L.N. Rapidement je fus désigné chef de secteur de
Clichy l’année suivante. Après la grève de 8 jours des travailleurs
algériens en janvier 1957, décidée par le F.L.N., ma responsabilité
se trouva étendue à toute la banlieue nord de Paris,
Clichy-Levallois, Saint-Ouen, Asnières, Gennevilliers et le 17ème
arrondissement de Paris. Je devenais un permanent du F.L.N. sous
le pseudonyme de Mohamed Clichy ou Moh Clichy.
Arrêté en 1958 je fus condamné à 3 ans de prison.
Libéré le 6 mars 1961, je repris mes activités dans Paris rive
gauche et la banlieue sud et j’ai participé à la marche pacifique du
mardi 17 octobre 1961 ». Mohamed GHAFIR a conclu « Laissons
l’histoire accomplir sereinement son œuvre pour aboutir au jugement
approprié sur le comportement de ceux qui ont bafoué l’image de la
France des libertés. Je préfère regarder cette France que nous
respectons, la France des libertés. Tournons la page du passé pour
ouvrir la porte de l’avenir ».
Contact Presse :
Cyril Anthéaume
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