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Le Soir d'Algérie du 20 octobre 2007

Périscoop

Quant la France honore un moudjahid

Mohamed Ghafir, dit “Mohamed Clichy”, a reçu mercredi dernier la médaille d’or de citoyen d’honneur de la ville de Clichy. C’est la première fois qu’une distinction de cette nature est offerte à un citoyen algérien par une autorité française et pour les faits de résistance contre la répression et les massacres du pouvoir colonial de l’époque.
C’est Gilles Catoire, maire de Clichy, qui a remis la distinction à l’intéressé au cours de la cérémonie de commémoration des massacres d’Algériens à Paris, en 1961 et qui a réuni autour du maire les autorités consulaires algériennes. Mohamed Ghafir, plus connu sous le nom de«Moh Clichy», est arrivé en 1955 à Paris. D’abord chef de secteur FLN de Clichy, il a très vite été désigné chef de secteur FLN de toute la région nord de Paris. Condamné à 3 ans de prison en 1958, il est libéré en1961 et prend activement part aux manifestations du 17Octobre 1961 dans cette ville de Clichy qui l’a honoré la semaine dernière.

Le soir d'Algérie du 20 octobre 2007

Communiqué de presse de la ville de Clichy

Communiqué de presse

Clichy, le 17 octobre 2007

 

Clichy commémore les événements survenus le 17  octobre 1961

« Tournons la page du passé pour ouvrir la porte de l’avenir »

Gilles CATOIRE, maire de Clichy-la-Garenne, en présence de Ali MENGUELLATI, représentant l’Ambassadeur d’Algérie, Fella BOUZIDI, députée de la communauté algérienne en France et membre du Comité exécutif du FLN, Hamdi PACHA BARDADI, Consul-adjoint et Noredine MELIZI, Vice-Consul du Consulat d’Algérie à Nanterre, Abdelhamid KOUACHI, Consul-adjoint et Hacen ZAKRI, Consul-adjoint du Consul général de Paris, se sont rassemblés au pont de Clichy pour commémorer les événements tragiques survenus le 17 octobre 1961.

 

Le devoir de mémoire impose de ne pas oublier ce qui eut lieu le 17 octobre 1961, quand Maurice Papon, préfet de police d’alors, ordonna un couvre-feu qui se termina par la mort d’Algériens, pourchassés, tués et jetés dans la Seine. Cette tragédie se déroula aussi au pont de Clichy.

Le maire de Clichy a rappelé ce triste événement « Clichy a vécu de près cet événement, puisque dès 18 heures, le métro de la Porte de Clichy fut fermé sur ordre de la Préfecture. Pour se rendre à Paris, les habitants d’Asnières n’ont eu d’autre solution que d’emprunter les ponts de Clichy et Gennevilliers».

Gilles Catoire s’est appuyé sur le témoignage du policier Paul ROUSSEAU, scandalisé par la tournure que prennent les événements. Il raconta que, une fois bien engagés sur le pont de Clichy, les manifestants furent encerclés par les CRS, qui s’infiltrèrent dans la foule et commencèrent à les frapper. Ce policier « pas comme les autres » raconta que des manifestants avaient été assommés puis jetés dans la Seine, « On a prétendu que c’était les Algériens qui avaient tiré sur des policiers et que c’était la raison pour laquelle on les avait jeté par dessus bord. Mais en réalité, on se débarrassait des gens qui avaient été tués en les jetant dans la Seine. »

Mohamed GHAFIR, ancien membre du F.L.N. à Clichy a rappelé la nécessité de cette commémoration qui « permet à nos deux peuples de se regarder les yeux dans les yeux pour aller vers un avenir commun » et a ajouté l’importance de « commémorer le courage, l’abnégation et l’esprit de sacrifice de ces Algériens plutôt qu’à se lamenter sur les actes ignobles commis par les forces de l’ordre ».

Lors de cette cérémonie, une stèle commémorative a été dévoilée. « Elle témoigne que Clichy reste fidèle à la mémoire des victimes de ce jour sanglant tout en affirmant notre volonté partagée d’avancer main dans la main vers l’avenir »

Après cette cérémonie, le maire de Clichy a remis à Mohamed GHAFIR qui est un ancien membre du F.L.N. à Clichy, une médaille d’or de citoyen d’honneur de la ville. « Je suis arrivé en septembre 1955 en France, à l’âge de 21 ans, à Clichy la Garenne, et j’ai adhéré au F.L.N. Rapidement je fus désigné chef de secteur de Clichy l’année suivante. Après la grève de 8 jours des travailleurs algériens en janvier 1957, décidée par le F.L.N., ma responsabilité se trouva étendue à toute la banlieue nord de Paris, Clichy-Levallois, Saint-Ouen, Asnières, Gennevilliers et le 17ème arrondissement de Paris. Je devenais un permanent du F.L.N. sous le pseudonyme de Mohamed Clichy ou Moh Clichy.

Arrêté en 1958 je fus condamné à 3 ans de prison. Libéré le 6 mars 1961, je repris mes activités dans Paris rive gauche et la banlieue sud et j’ai participé à la marche pacifique du mardi 17 octobre 1961 ». Mohamed GHAFIR a conclu « Laissons l’histoire accomplir sereinement son œuvre pour aboutir au jugement approprié sur le comportement de ceux qui ont bafoué l’image de la France des libertés. Je préfère regarder cette France que nous respectons, la France des libertés. Tournons la page du passé pour ouvrir la porte de l’avenir ».

 

Contact Presse :

Cyril Anthéaume

Tel. : 01 47 15 30 63

Port.: 06 23 39 39 20

cyril.antheaume@ville-clichy.fr

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