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Zi Mohand
ou Tahi

De son vrai nom
Mohamed Tahi, Zi Mohand ou Tahi, est un des personnages cultes du
village. Au même titre que Zi Boussou, Cheniti et autres mythes de
TND, Zi Mohand a contribué à sa manière à l'histoire de TND, et même
au dela des frontières terrestres du village. Voici le récit de sa
vie, à travers un portrait réalisé par son fils, Bachir ou Tahi.
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Zi Mohand, fils de TND

Né présumé en 1897 à TND, Zi Mohand a suivi des rudiments
scolaires à l’école de Tiget tout en vagant aux occupations rurale
de l'époque : travaux dans les champs, garde des troupeaux, troc
etc.
En 1918,
il participe à la 1ère Guerre Mondiale (1914
1918), après un voyage par bateau de Philippeville (actuelle
Skikda) à Marseille, dans des conditions à peine concevables, il est
affecté dans la région de Sarrebruck, puis plus loin en Allemagne,
pour tenir les positions françaises acquises après la bataille de
Verdun. D’abord en qualité de vaguemestre, puis comme instructeur
sur pièce d’artillerie lourde.
En 1921 - Il est démobilisé à Paris, ou il séjourne en s'adonnant à
différents métiers
Zi Mohand a participé activement à la décision de réalisation de
Talla n'Talba. Alors qu'il activait dans la vie politique locale, il
entreprit des démarches innombrables pour ramener l’eau de Talla n’Talba
jusqu’à Tiguert n’drar. Ce qui a eu pour résultat le déplacement de
l’Administrateur de Lafayette (actuelle Bougaa) en personne,
accompagné de l’Ingénieur de l’hydraulique de Bougâa à TND.
Un accord fût immédiatement trouvé entre l’Administration et les
habitants du village de TND. L’accord prévoyait la fourniture par
l’Administration de tous les moyens matériels nécessaires à la
réalisation du projet, et le village s’était engagé à assuré toute
la main d’œuvre par la mobilisation nécessaire de tous les
habitants. Les deux parties Administration et village ayant honoré
leur engagement réciproque et ce, dans les temps : l’eau de Tala n’Talba
se mit à couler à flot à TND, soulageant nos grand- mères d’une
corvée très pénible, car avant, il fallait à chaque fois aller
jusqu’à la source Talla n’Talba pour puiser de l’eau, alors que
désormais l’eau était à proximité des maisons du village. Ce fût la
plus belle image que le village méritait de voir, après celle de
plusieurs dizaines de fils de TND, creusant avec acharnement la
roche dans une ambiance de joie, de solidarité et une volonté
farouche d’arracher à la destiné son accord, pour un début de vie
décente.
Il rééditera d’ailleurs de nouveau cette opération à Tittest, où
jusqu’à présent au carrefour de ce village, l’endroit est appelé
Talla n'Tahi, en hommage à ce fils de TND, qui est allé dans sa
préservation de l’eau jusqu’au conflit avec le cantonnier qui
d’autorité avait détourné l’eau des villageois de Tittest à son
profit exclusif, assoiffant ainsi la population en abusant de son
statut de représentant local de l’administration française. Ce qui
lui a valu l’intervention pacifique de Mohand ou Tahi et par
nécessité celle plus musclée de son fils Belkacem, qui en présence
de tous les villageois de Tittest a donné une correction d’une telle
violence au cantonnier, que les gendarmes ont cherché vainement un
« poing americain », seul outil capable de défigurer à ce poing le
visage du cantonnier. En réponse Belkacem leur a dit : « Ramenez-le
moi et je vous montrerais comment je lui est fait avec seulement mes
poings ». Il s’en est sorti non seulement relaxé par le tribunal
grâce à l’argument percutant(sic) présenté par Mohand ou Tahi de
manœuvre risquant une révolte populaire, mais c’est le cantonnier
qui s’est vu sévèrement admonesté par l’administrateur qui lui lança
en plein tribunal : « Hier je vous est nommé à Tittest, aujourd’hui
je peux vous révoquer, mais je me contenterai de vous muter par
mesure disciplinaire. En tout cas vous ne remettrez plus les pieds à
Tittest ! » Et l’Administrateur a tenu sa promesse, au grand
soulagement de la population.
A Tittest précisément, outre que toute la famille Tahi et ses
proches ont trouvé une vie décente grâce à une maison
particulièrement vaste, c’était un relais non seulement pour les
tiguertois, mais pour tous les passagers : des voyageurs des hauts
plateaux avec leur montures, des commerçants de basse Kabylie.
Surtout le Dimanche soir, qui voyait arriver tous les acteurs du
Souk el tnine de Tittest. Ils y trouvaient gîte, couverts et
sécurité.
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L'après guerre
En 1923, après avoir obtenu l’un des tous premiers permis de
conduire transport en commun de France, il devient gareur de bus au
dépôt, puis Chauffeur d’autobus à la TCRP (Transport en Commun de
la Région Parisienne (ancêtre de la RATP) qui a eu le courage de
confier des Parisiens à un « Indigène d’ Algérie » sur la ligne
« Bastille ».
En 1928, il rentre en Algérie et travaille comme Chauffeur,
d’autocars à la Sté Mottaz (Société Suisse) – ligne Bougâa – Guenzet,
grâce à ses états de services acquis à Paris.
En 1935, il décide de s’installer à son compte, et obtient l’un des
premiers registre de commerce attribué à un indigène, de part sa
participation à la 1ère Guerre Mondiale et devient
Artisan en travaux routiers, forestiers et charbonnage.
En 1940, fort de son succès, il se lance dans la production d’huile
d’olive, meunerie, et exploitation de la 1ère ligne de
taxi Harbil – Alger. Il deviendra même exportateur et négociant en
huile d’olive et figues, puis propriétaire exploitant en blé.
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L'initiation à la vie politique

1945-1955 – Il est brillamment élu et à plusieurs reprises 1er
Président de tout le Douar Harbil, (dont TND fait partie), au titre
du MTLD (Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques) de
Ferhat Abbas. Cette élection se fit contre les Caïds, les candidats
soutenus par l’administration et autres Bachagas. Elle s’est
déroulée sous le nom de code de campagne de « lyazid » après que la
djemâa du village eût décidé de désigner une personne ayant :
- L’aptitude nécessaire pour affronter
l’ire des Français, car leur démarche ne devait pas avoir les traits
d’une velléité de révolte populaire et s’exposer ainsi à une
répression aveugle.
- Assez de diplomatie
- Assez de fermeté
- Assez de connaissance des rouages
administratifs.
Après une concertation des sages, ceux-ci ont choisi leur
représentant auprès des autorités de Bougâa alors chef lieu
d’arrondissement dont dépendait TND.
Leur choix s’est ainsi porté sur Zi Mohand qui, outre qu’il
remplissait les critères, avait aussi le grand avantage d’avoir fait
la Première Guerre Mondiale pendant 3 ans, et la France se devait
d’avoir des égards pour quelqu’un qui a participé à sa libération de
l’occupation Allemande et à tout le moins, d’écouter les doléances
du village transmises par son truchement.
Ce choix est dû également à un événement majeur que le village a
connu :
En effet cet homme sage s’était illustré au moment le plus crucial
pour les villages avoisinants : Celui de la famine de triste
mémoire, qui a sévit pendant la 2éme guerre mondiale, où la France
Métropolitaine a subitement « oublié » qu’elle avait un Empire
colonial et des « indigènes » dont elle se disait garante. Comme
elle a « oublié » de les approvisionner en denrées de survie. Le
fait est, qu’elle connaissait à son tour l’occupation : celle des
Allemands, et qu’elle-même, était affamée.
C’est alors que Zi Mohand ouvrit en grand les portes de son
important grenier à toutes les populations et en premier lieu à
celle de TND.
Nul doute que cette action dont beaucoup se souviennent et en parle
aujourd’hui encore, a permis de sauver des vies des griffes de la
famine. (d'ailleurs, Zi Salah Ibeliden a récemment parlé de lui à ce
sujet lors d’une émission Radio de la Chaîne II).
Une vraie leçon de solidarité et de générosité à inscrire aux actifs
de TND, qui a alors bénéficié de la reconnaissance et du respect de
tous les autres villages voisins et jouir ainsi d’une image de
marque favorable et positive.
Moderniste et pieux, tout autant que conservateur des traditions
auxquelles il tenait beaucoup, il a été la première grande réussite
sociale de la région.
Permettez-moi de vous livrer aussi un scoop en vous disant que
Tiguert n’drar a approvisionné en figues sèches, la ville de Paris
affamée par l’occupation Allemande dans les années 40, à travers
l’exportation via le port de Béjaia et en passant avec succès les
contrôles sanitaires aux frontières. Opération initiée par l’un des
premiers commerçants à l’exportation hors hydrocarbures, comme on
dirait aujourd’hui: Mohand ou Tahi.
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La guerre d'Algérie
1955
– Obéissant au mot d’ordre du FLN, il démissionne pour soutenir la
dynamique du déclenchement de la Révolution. Il est recherché à
Harbil pour avoir osé publier sa démission dans le journal « La
Dépêche de Constantine » et provocant ainsi un risque de
propagation de la dynamique de soulèvement populaire contre
l’occupation française et également en tant que père de Belkacem,
qui a introduit de nuit des Moudjahidine à Tittest. Il abandonne
tous ses biens qui seront saisis en guise de représailles par
l’armée Française, qui transforme sa demeure en camp militaire, pour
se réfugié à El- Madania. Son fils Belkacem sera rattrapé, arrêté et
transféré à Tittest, avec une quasi-certitude d’exécution sommaire,
n’eut été la brillante intervention de Me Youcef Babid qui avait
beaucoup d’estime pour Mohand ou Tahi.
1956
– Change de quartier pour aller au Ruisseau et y exploite une
boulangerie
1957 – Participe à la Grève des Huit
Jours
Fermeture par les parachutistes de la boulangerie
Change de quartier pour aller à El- Mouradia
1958
– change de quartier pour se réfugier hors d’Alger à Baba Ali, où il
devient membre de l’OCFLN jusqu’à l’indépendance.
1962 :
Suite à la liquidation par le FLN d’un voisin français, patron de
l’auberge de Baba Ali, soupçonné de connivence avec l’OAS, cette
sinistre organisation est venue une semaine après se venger en
tentant de l’assassiner.
Blessé par balle à la tête, il en a réchappé miraculeusement grâce
Dieu qui gratifie ainsi les gens de Bien.
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Fin de règne
Durant plus de trente ans, il gère une station service à l’enseigne
Esso, puis après l’indépendance, Sonatrach, à Baba Ali, où toute la
population sans exception lui vouait une estime et un respect hors
du commun, particulièrement difficile à obtenir pour quelqu’un qui
vient d’ailleurs… de loin… de Tiguert n’drar.
1988
– Il prend sa retraite à l’âge de 91 ans !!
Très connu dans la région d'Ith Yaala, très apprécié pour sa
sagesse, sa culture, sa générosité et ses positions rangées pour la
défense des plus démunis. son meilleur ami fut sans conteste Zi
Boussou Ibeliden qu’il aimait avoir à ses cotés surtout pendant les
événements importants de la vie, et ne faisait rien sans d’abord le
consulter.
Il décède en 1996 à l’âge de 99 ans, la veille du 27 jour du
ramandan, lors de Leylet el Kadr. Il fût inhumé un Vendredi au
cimetière d’El-Madania.
Le 3e jour de son décès a coïncidé avec la veille de l’Aid el Fitr.
Autant de symboles de la Clémence d’Allah qui n’oublie jamais de
gratifier la conduite exemplaire et honorable de son fervent.
Il laisse 82 descendants : enfants, petits-enfants,
arrière-petits-enfants et arrière-arrière-petits enfants (et donc
bisaïeul !) et surtout, une image et un souvenir d'un Argaz, un
vrai, comme TND en a produit...
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Crédits
Rédaction : Bachir ou Tahi
Photos : Bachir ou Tahi
Publication : 18 septembre 2009
Sincères remerciements à Bachir
ou Tahi pour son oeuvre et sa contribution à tnd.com à
travers ce portrait complet.
Ceci est la propriété de
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l'autorisation préalable est
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