Patrimoine d'Ith
Yaala
Parce
que notre patrimoine est
unique, inimitable, irréversible, on se doit de le conserver. À
l’heure où l’Algérie est à la réalisation de sa première campagne
médiatique internationale dans l’optique de favoriser le tourisme,
notre patrimoine est à jamais d’une importance capitale. Inutile
d’argumenter la dessus, lorsque l’on voit la réussite des villes
historiques. Citons simplement Paris et ses indénombrables
monuments…
Mais avant d’en faire un attrait touristique, faisons-en un
devoir, vis-à-vis de nos ancêtres, de nous et de nos enfants.
Voici donc un article sur ce qui constitue, en partie, le patrimoine
des enfants de Yaala. L'article est réparti en 5 parties :
Part 1 :
Le patrimoine architectural : maisons typiques
Part 2 :
Trésors intérieurs
Part 3 :
Portes
typiques
Part 4 : Les toitures
Part 5 :
Nouvelles constructions au style traditionnel
PART 1 : Le patrimoine architectural

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Missnchrea
1)
Aspect extérieur
Les Ith
Yaala vivent en communauté dans des villages et leur habitat est
essentiellement rural. Les maisons sont construites sur des lieux
géographiques stratégiques : sommet d'une colline, pitons difficiles
d'accès. Ceci, du à des raisons historiques, notamment de sécurité.
De plus, depuis leurs villages hauts perchés, les villageois peuvent
voir venir les ennemis de loin. Les maisons sont disposées tout
autour de la mosquée et de la place du village.

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Regroupées en villages, les maisons se font face ou sont construites
côtes à côtes. Chacune d'entre elle est entourée d'une cour clôturée
de buissons d'épineux, «afrag» ou d’un mur en pierres sèches.
Celle-ci peut englober plusieurs maisons dont les chefs de familles
sont de mêmes parentés (frères ou cousins). Dans cette cour se
trouve "thakhamt n’tmess" ou "thintbekhth", littéralement la chambre
du feu où les fagots de bois sont entassés. Un crochet ou deux
crochets en bois pour suspendre l’outre à eau «ayedidh». Dans un
coin se trouve, caché, le tas de fumier où on jette les ordures
ménagères et qui sert aussi de latrines «Agudi». Les murs de la
maison «akham» sont en pierre, et le toit en tuiles (dites romaines)
ou, plus rarement, en chaume. La toiture est soutenue par des
piliers (troncs d’arbres) «Ijga, (singulier : Ajgou)». Chaque couple
possède une maison ou «takhamt» (une chambre).

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La base de la maison est souvent de forme
rectangulaire. La maison est alors allongée. La porte se situe
usuellement au centre de la façade la plus longue. La maison
porte peu de fenêtres. Souvent situées sur les flans de la
maison, elles sont rectangulaires et placée verticalement. De
taille petite elle ne comporte qu’un seul volet, souvent en
bois, sans aucune entre-ouverture. |

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Prises de vues extérieures de maisons typiques :
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Photos de maisons anciennes en ruines :
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2) De l'intérieur
La maison ne
comporte qu'une seule très grande pièce. La vie commune est en effet
de règle. Elle comporte une plate-forme de terre battue ou de bouse
séchée «aouens». Une partie du sol est en contrebas : c'est «adaynin»,
qui sert d'étable. Une banquette en maçonnerie le sépare de la pièce
commune. En bas de la banquette sont creusées les mangeoires «el
medoued». Une soupente est aménagée au-dessus de «adaynin», qui fait
office de grenier «taaricht». Elle est éclairée par une lucarne.

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La
pièce principale comporte une banquette en maçonnerie «lakdar».
L'intérieur comporte des réduits où des ustensiles sont rangés «
thikouatine (singulier : thakouat)» et des deux cotés sont disposées
les jarres pour le grain, l’huile et les figues séchées (ikufan,
singulier : akoufi); ( takhabith, en plus grand achebali) façonné en
argile. C'est dans cette pièce que se trouve le foyer (el-kanoune)
creusé à même le sol, pour cuisiner et se chauffer. Enfin, dans
cette pièce se dresse le métier à tisser traditionnel, «azetta».
Cette construction permet de préserver du froid en hiver et de la
chaleur en été. Cette maison peut sembler modeste : elle l'est.
C'est celle du paysan kabyle et de sa femme, souvent pauvres, et qui
travaillent durement pour nourrir la famille.

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Aujourd’hui,
chaque village possède encore ce type de maisons. Toutefois, le
retour des familles, autrefois exilées vers les grandes villes,
révèle son coté pervers puisque les « revenants » ont acquis un
nouveau style architectural qui est celui de la ville. Moins couteux
en temps et énergie, la brique et le béton remplacent la pierre et
la tuile. Faute de gout direz-vous. Possible. Faute de
sensibilisation sans doute.
Notre patrimoine architectural est menacé car, malheureusement, ces
maisons tombent en ruine, et les nouvelles constructions qui les
remplacent n'ont aucun charme et contrastent dramatiquement avec
l’harmonie traditionnelle.
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