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Quelqu'un s’était donc amusé à
enlever
quelques grappes de raisin
faisant ainsi pencher la charge, ce qui obligea la bête à s’arrêter, Après avoir rétabli l’équilibre, Yalla reconduisit
l’âne à la maison. Mais non loin des remparts, il vit des individus
étranges qui s’apprêtaient à camper au milieu de leurs chameaux, Il ne
douta plus des auteurs du vol de son raisin.
Le soir, quand tous les siens étaient
rentrés, il tint un conseil de famille pour discuter des événements
de la journée et des mesures effrayantes qui circulaient sur les
nouveaux arrivés. Après que chacun ait donné son avis sur l'
attitude à prendre en la circonstance,
Yalla exprima le sien en ces termes: l' homme au méhari dont on
avait vaguement entendu parler est sous nos murs, d' un moment a l'
autre, nous risquons d' être ses victimes, son geste d' aujourd'hui
atteste qu’il est sans scrupule et qu’il ne respectera pas le bien
d' autrui, il faut avant qu’il soit trop tard quitter ces lieux, et
pour ne point éveiller
l' attention des voisins, nous allons faire semblant de nous
disputer et décider, sous le mouvement de la colère, la vente de nos
biens a l' exception de la maison. Quant au troupeau, il partira dès
l’aube et nous attendra à une journée de marche vers le nord.
Le lendemain tout se passa comme prévu,
et, la nuit tombante, rien ne « manquait pour
le départ, Au moment ou tout le monde dormait, que la ville
était déserte, Yalla et ses gens quittèrent pour toujours la Kelaâ
des Beni Hammad, Au matin, les voisins s'étonnant du silence qui
régnait dans la maison, forcèrent la porte. Les chambres étaient
vides, quelques objets sans valeur gisaient ça et la, On remarqua
cependant dans un coin un Gassaâ (plat en bois). Quand on la souleva
on découvrit deux pigeons : l'un après quelques mouvements s'envola,
l'autre se blottit dans un coin. On s'aperçut qu'il portait quelque
chose au cou ; c'était un pli portant l'inscription suivante : Celui
qui a des ailes s'envole, celui qui en est dépourvu reste a la merci
du premier venu. Il faisait allusion a l'intrusion des nouveaux
étrangers et conseillait à ceux qui étaient conscients du danger de
quitter le pays alors qu'il était encore temps.
Après quelques jours de marche, Yalla
et sa famille campèrent au bord « de la rivière Chertioua, au nord
de Bordj Bou Arreridj, mais ce lieu n'offrait pas les garanties
suffisantes de sécurité et de viabilité : de l'eau tiède, des
moustiques pas d'abri sur contre un éventuel ennemi. Chargea donc
son berger de repérer dans la montagne un endroit de conditions
avantageuses. Ce fut grâce a l'un des ces boucs appelé Abadh qu'il
trouva une clairière bien abritée, facile a défendre, au bas de
laquelle coulait une source fraîche et abondante ou sa bête venait
se désaltérer aux heures chaudes de la journée.
Yalla s'y établit et prospéra.
Depuis la source porte le nom de
(Talla Abadh) c'est dans la région entre Guenzet et Taourirt Yacoub
.De la tente, la famille passa à la maison en pierres, L'hiver est
rude avec ses pluies et ses neiges empêchant souvent toute
communication avec l'extérieur. Il faut du bois pour se réchauffer
et faire cuire les aliments, il faut des abris pour les animaux
domestiques. Yalla et ses enfants se mirent à l'ouvrage, et bientôt
un petit hameau prit naissance au milieu de la clairière.
Installé définitivement, Yalla songea
à consolider sa position. Berbère lettre ayant connu une certaine
civilisation à la Kelaâ des Beni-Hammed, fortune avec son troupeau
de chèvres et de moutons, il possédait tous les moyens de
s’implanter la, s'intégrer au milieu local et de s'imposer
par son savoir et sa culture.
Le père Yalla a vécu dans la région jusqu’à sa mort il est enterré
dans la mosquée qui porte son nom Djeddi Yalla, elle se trouve
toujours entre Guenzet et Taourirt Yacoub . D' après Gaid Mouloud d'où nous avons tiré ces informations, La population de Harbil est
hétérogène. Elle est composée surtout d’arabes venus des Ouked -Thair,
des Ouled Abdellah des arabophones de la vallée du Guergour et de
Bougâa . Au milieu des Kabyles, ils ont adopté leur langue et leur
moeurs.
La famille s’agrandit, ses enfants se sont dispersés dans la région
entre Guenzet et Harbil, ses petits fils Hamou et Moussa (étaient
des frères ennemis) se sont installés dans la région de Harbil et
ont fondé le village qui s’appelait Tiguert N'dlel traduction
(la
Vallée prospère) et par déformation on l’appel actuellement Tiguert
n'Drar. |